Partir à la recherche de ses origines

 

Partir à la recherche de ses origines,

c’est vouloir comprendre les raisons qui ont fait de nous des orphelins puis des enfants adoptés.

 

Partir à la recherche de son passé,

c’est vouloir retrouver des morceaux de son histoire, les rassembler pour mieux comprendre, et accepter les raisons de notre abandon.

 

 

7 avril 2005, je débutais mes recherches sur mes origines et mon passé au Vietnam.

Adoptée en France à l’âge de 18 mois, je n’avais jusqu’à ce jour aucune information sur mon passé, ni aucun souvenir de mes premiers jours passés au Vietnam.

Même plus tard, ma carte nationale d’identité ne me donnait pas mon lieu exact de naissance.

 

Mais rapidement, j’ai su qu’il me serait quasiment impossible de retrouver mes parents biologiques ou un quelconque lien de parenté.

 

En effet, peu d’indices s’offraient à moi :

  • mon arrivée à l’orphelinat est une énigme,
  • un nom vietnamien donné par les soeurs : Lê Thị Mộng Chi,
  • une date de naissance approximative : 8 juillet 1967,
  • un lieu de naissance aléatoire : Phu Qui, province de Quang Nam,
  • et une mention : “de parents inconnus” qui a fait de moi une enfant abandonnée, une orpheline.

Alors, plutôt que de stopper net mes investigations, j’ai préféré orienter mes recherches différemment, en calquant mon histoire sur les différents événements qui ont marqués cette période :

  • Vietnam : un pays déjà marqué par plusieurs décennies de guerre (avec le Japon puis la France) où un jour de mars 1965 3500 Marines ont débarqué sur une plage à Ðanang marquant l’engagement massif des Etats-Unis dans la guerre. Un pays appauvri économiquement, un peuple en souffrance, en exil… et des milliers d’enfants pris en otage dans cette tourmente sont abandonnés ou orphelins.
  •  En Occident : des pays contestent fortement la légitimité de cette guerre et se mobilisent. De nombreuses organisations humanitaires (américaines, australiennes, européennes) interviennent directement au Vietnam en apportant une aide logistique, alimentaire et médicale à la population. D’autres organismes iront jusqu’à ouvrir des centres de soins et d’accueil pour les enfants des rues de Saigon et qui se transformeront rapidement en orphelinats hébergeant des enfants âgés de quelques jours à une quinzaine d’années.
  • Parallèlement, toujours dans les pays occidentaux, l’adoption internationale se met progressivement en place et devient une réponse humanitaire à la situation des enfants de la guerre. Des réseaux se mettent en place : des organismes agréés travaillent directement avec des bénévoles déjà en place et des familles viennent en aide à ce pays en adoptant un enfant vietnamien.

Au fil de mes recherches et des premiers contacts établis, je me suis aperçue que mon histoire ressemblait étrangement au parcours de milliers enfants, pris en charge dans un orphelinat et qui, comme moi, furent adoptés entre 1965 et 1975.

Petit à petit, je me suis constituée un réseau : adoptés vietnamiens vivant en France, en Europe, aux Etats-Unis et en Australie, anciens bénévoles d’associations humanitaires, acteurs et témoins directs ou indirects qu’ils aient été civils, religieux ou même militaires.

 

 

Grâce à leurs témoignages, à mes lectures, j’ai pu reconstituer des petits bouts de mon histoire au Vietnam mais aussi l’histoire de milliers d’enfants qui furent pris en charge dans le cadre d’un programme humanitaire et d’adoption orchestré par une australienne : Rosemary Taylor.