Naître là-bas, grandir ici
Je ne garde du Vietnam aucun souvenir : pas d’image, pas de bruit, pas d’odeur, pas de rêve. Peut-être des cauchemars au début de mon arrivée, et il m’aura fallut du temps pour oublier le bruit des avions qui déchirent le ciel qui m’effrayait.
De la guerre, une petite cicatrice me rappelle chaque jour que l’Histoire de mon pays a égratigné ma peau avant que je parte.
Aujourd’hui, totalement occidentalisée, seuls mes cheveux noirs et mes yeux bridés me renvoient l’image d’une femme asiatique.