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Hello en passant…

Bonjour tout le monde,

Je suis tres avare de posts ces temps-ci, mais je suis aussi tres occupee.  Tout le temps passe sur le net est consacre au boulot et avec la chaleur qui regne ici, je n'ai plus le courage de composer pour les amis.

En bref,

  • Nous avons plusieurs demandes pour des tours a organiser Nord et Sud Viet Nam, cela prend enormement de temps.
  • J'essaie de finaliser le projet caritatif Forum Vietnam, mais la, ce sont les autorites qui prennent leur temps.
  • La maison est agreable, nous avons eu quelques difficultes materielles (robinet qui explose, tuyau d'evacuation pourri, petites bebetes envahissantes, etc…), mais tout rentre dans l'ordre.  Les voisins sont vraiment chouettes, un peu bruyants comme tous les Vietnamiens, surtout a 6 heures du mat quand je me suis endormie a trois :-( ((.  Sinon, ca va, pas de problemes particuliers, l'un a change la disposition de sa maison, je raconterai cela dans un post et l'autre a demoli la sienne (en bois et tole ondulee) en une journee et est occupe a en construire une nouvelle en dur (enfin je crois, j'ai juste vu qu'on apportait un stock de grosses pierres).
  • L'enseignement a commence, mais gratuit pour le moment, mon premier eleve m'enseignait le vietnamien en echange, mais ce matin il m'a envoye un sms pour que je le "depanne" de 50 USD, ce qui fait que Qua va etre charge de le remettre a sa place et de l'envoyer voir ailleurs si j'y suis.  Mon autre eleve est plus gentil, il m'a propose de me payer, mais comme c'est un etudiant pauvre en IT et qu'il doit deja bosser le soir pour payer ses etudes (ca fait un bout de temps que je le connais), je lui ai dit que c'etait gratuit mais seulement pour lui, ses collegues me paieront si elles veulent egalement des cours, il faut bien que je gagne ma vie aussi…
  • L'ecole francaise m'a recontactee, mais je garde cela en derniere option car meme si c'est relativement bien paye, la mentalite est tres differente de la mienne et je ne sais pas trop si j'aurai envie de consacrer cinq jours par semaine a cette tache.  Wait and see…
  • Le climat est tropical de chez Tropico, il fait une chaleur … torride pour vous, tres dure pour nous.  28 degres au plus froid de la nuit et 35 degres au plus chaud de la journee.  Pas d'air co chez moi, je n'ai pas les moyens, donc pour dormir, ce n'est pas toujours evident. 
  • La plage, je n'y vais jamais, sauf sur une terrasse bien a l'abri des sollicitations des vendeurs ambulants qui, vu la couleur de ma peau, me prennent pour une touriste et uniquement au cafe vietnamien, les prix sont plus abordables et les serveurs me connaissent.
  • Nous commencons a etre connus dans le village (forcement, on est les seuls blancs) et heureusement, la, nous payons les marchandises au prix local.  Pas d'arnaques ni de faux-semblants, on me connait comme prof et "girl friend" d'un Vietnamien d'un autre village, donc ca aide beaucoup.
  • Rafael n'a toujours pas commence a chercher du boulot, je lui ai dit que c'etait tant pis pour son nez s'il avait des problemes pour recevoir un autre visa.  J'espere qu'il va quand meme se bouger les fesses, car ca me gonfle de le voir inactif, mais bon… j'ai l'habitude.  Pour le reste, il a bien change, plus de shit ni d'alcool, meme la biere qu'il boit de temps en temps, il ne la finit pas.  Tout va bien de ce cote la.

Voila pour les nouvelles "fraiches"… oh le joli mot… ici, fraicheur est un concept quasi inconnu.  Meme la douche d'eau "froide" est tiede le soir et chaude l'apres-midi.  Bon, j'en connais qui vont dire "quelle chance elle a !".  Oui, l'un dans l'autre, c'est tout a fait vrai.  Quand je recois des nouvelles de Belgique, j'ai parfois envie de ressentir le froid que vous devez supporter, mais pas plus de dix minutes…

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, je vous quitte donc pour aller manger un petit "pho bo" (soupe au boeuf avec des nouilles et des legumes) et, si Qua a fini de regarder son foot a la tele, prendre en verre en amoureux.

Bisous a tout le monde !

Pat, Raf et Qua

Notre maison

En annexe, un nouvel album photos de notre maison…

Nha Trang, le 30 mars

Petites nouvelles rapides…

Oui, tres vite en passant car il est tard et je suis completement debordee.
Ici tout va bien, nous avons fait un tour dans le delta du Mekong la semaine derniere, je raconterai des que j'aurai le temps.

Nous avons egalement notre maison, le contrat a ete signe le 28 mars et nous avons presque fini de tout nettoyer et emmenager aujourd'hui.  Nous habitons dans un petit clos a la campagne, la plus grande maison (of course, les etrangers sont riches).  La voisine est sympa, elle a trois enfants et un mari, par contre celui d'en face me reluque un peu trop, j'ai donc du demander a Qua de venir se montrer tout de suite afin de faire taire les idees de mon trop collant voisin. 

La maison est belle maintenant qu'elle est nettoyee et remise en "etat", je posterai des photos plus tard.

Pour le reste, il fait une chaleur terrible, on ne descend pas en-dessous de 27 degres la nuit et la journee on frise les 32-33.  Enfin, ca va, on va encore avoir un peu plus chaud dans les mois a venir…  Je bosse, je nettoye, je fais des courses et en plus, je dois faire tout un tas de remises de prix pour Qua… Eh oui, les tropiques, ce n'est pas la sieste ;-) ))

Portez-vous bien tous et donnez-moi des nouvelles du pays,

Pat, Qua et Raf

Deux moments, deux peuples…

Hier, vingt-trois heures, coup de fil de Qua. 

- Tu es ou ?
- A l'hotel, dans mon lit.
- Tu dors ?
- Je dormais, nuance…
- Je n'arrive pas a dormir. (Ben moi si, mais bon…)

Je lui demande ce qui se passe, sachant que cela fait deja deux nuit qu'il ne dort pratiquement pas.  Le tour dans le Delta a ete accepte par le client, je ne vois pas tres bien ce qui peut le tracasser a ce point. 

- Je ne sais pas, je me suis endormi puis maintenant je suis a nouveau eveille, je n'arrive pas a me rendormir… suivi d'un silence qui veut dire "J'ai besoin de toi".
- Tu veux venir ? Tu veux qu'on aille quelque part en discuter ?
- OUIIIIIIIIII (soulage)

Je me rhabille donc apres lui avoir donne rendez-vous devant mon hotel et me prepare a sortir.  Premiere tuile, la grille est fermee par un cadenas.  Je regarde s'il y a une autre issue, nada, je suis enfermee dans l'hotel.  Vu la configuration des lieux, je n'avais pas du tout pense a cette eventualite.

Je me dis que peut etre le cadenas possede une serrure universelle et j'essaie la cle de ma chambre.  Pas de chance, ca ne fonctionne pas.  Ayant entendu du bruit, le proprietaire descend et je lui dis que je dois sortir.  Je ne sais pas pour combien de temps, il me dit donc de sonner a mon retour.  Grrrr, je deteste embeter les gens au milieu de la nuit…

Qua arrive quelques minutes plus tard, le quartier est tres calme, quasi vide, a l'exception des motobykes ranges en masse devant la discotheque encore ouverte.  Nous partons ailleurs afin de discuter calmement.  Les choses ne sont pas si dramatiques au fond et je le rassure du mieux que je peux.  Une heure plus tard, comme tous les hommes eveilles en milieu de nuit, il a faim.  Je lui demande ce qui est encore ouvert a cette heure et il me repond que tout est a pratiquement ferme sauf les endroits a touristes, trop chers a mon gout et je n'ai pas du tout envie de croiser des poivrots.

Nous tournons dans les rues calmes, quelques petits restos de rue sont occupes a empiler tables et chaises sur leur remorque, l'un ou l'autre est encore ouvert, mais ils ne semblent pas a son gout.  Finalement, en prenant le chemin d'un "Pho 24", qui est une sorte de fast food ou l'on peut manger un pho jour et nuit, nous repassons devant mon hotel ou le petit resto viet est encore ouvert.  Pourquoi pas une soupe la, c'est plus pres, moins cher et probablement bien meilleur.  Nous nous arretons donc et commandons une soupe au poulet (kiem ga).

Qua me fait alors remarquer les deux filles court vetues et tres maquilles assises de l'autre cote de la rue.  Elles attendent visiblement quelque chose. 
- Regarde, des taxi-girls.
- Que font-elles ?
- Elles attendent les derniers clients qui vont sortir de la discotheque.  Dans les discotheques et aux alentours, tu en trouve plein.  Elles tournent dans ou hors de l'endroit et tentent de trouver des clients.

En effet, il est pres d'une heure du matin et la discotheque va fermer.  Un groupe de jeunes sort, elles se levent, mais pas de chance, un taxi arrive et les embarque.  Les filles traversent alors la rue et viennent quemander un repas gratuit, arguant du fait que la nuit a ete mauvaise et qu'elles n'ont pas d'argent.  Le restaurateur les envoie paitre; je n'ai pas compris ce qu'il leur disait, mais cela a provoque quelques rires parmi la clientele.  Qua m'explique alors qu'a cette heure de la nuit, mis a part quelques filles accompagnees de leur petit ami, il n'y a plus que des taxi-girls qui trainent dans les rues.  Elles viennent pour la plupart du delta du Mekong et tentent leur chance a Saigon ou Nha Trang ou elles peuvent eventuellement alpaguer un touriste en goguette.

Quelques minutes plus tard, trois jeunes anglophones bien imbibes arrivent et font mine d'entrer dans la discotheque qui est en train de fermer.  Le sorteur leur dit que c'est ferme, mais ils insistent et tentent de forcer le passage.  Fermement et sans menagement, le sorteur les en empeche et deux serveurs sortent immediatement. 
- "You go Sailing Club !!!" (c'est le bar a touristes le plus connu de Nha Trang, il reste ouvert tres tard).  Les filles revenues sur ces entrefaites essaient de s'agripper aux garcons emeches, mais ceux-si semblent plus envieux de se saouler que de trouver une fille pour la nuit.  Je vous passe les details des mimiques de Qua qui en disent long sur ce qu'il pense de ce genre d'abrutis.  Il ne parle pas beaucoup, mon chou, mais je lis tout sur son visage.

Finalement, nous payons, Qua me raccompagne jusqu'a la grille de mon hotel et attend que le proprietaire m'ait ouvert.  Je suis tres embarrassee, mais bon, il faut bien que je finisse la nuit ailleurs que dans la rue.  Une femme seule au milieu de la nuit… ce ne peut etre qu'une taxi-girl !  et Qua ne tient pas a ce que sa copine passe pour une fille de mauvaise vie. 

Ce matin, six heures trente…

Je sors de ma chambre pour fumer la tueuse du petit matin.  La grille grince et trois touristes fraichement debarques arrivent.  Quelques salutations a voix basse, il est temps de prendre ma douche et d'aller boire mon cafe.

Sept heures, je sors de la ruelle pour retrouver l'animation de la rue.  A cette heure, les petits troquets sont legion, tables et chaises en plastique (taille schtroumpf), mini etals avec quelques sandwiches et paquets de cigarettes, bacs a glacons, cafe chaud, lait sucre.  Le "ca fe sua da" du matin, c'est sacre.  Les hommes sont deja attables, souvent en groupe et occupes a papoter ou a lire le journal.  Quelques femmes accompagnees ou non, peu ou pas de jeunes filles.

Sur le trottoir d'en face, le va-et-vient des bus de nuit est a son comble.  J'aime beaucoup regarder debarquer les nouveaux arrivants.  La plupart sont haguards, fatigues, nerveux, ils se font tres vite harceler par les conducteurs de motobyke et taximen, certains demandent une adresse, d'autres acceptent la course proposee, d'autres encore les remballent sans menagement.  Il faut dire a leur decharge que lorsqu'on a passe toute une nuit dans un confort relatif (surtout les grands gabarits puisque les couchettes sont a la taille asiatique), que c'est la quatrieme ou cinquieme fois que l'on sort d'un bus apres avoir parcouru de nombreux kilometres, on n'est pas toujours de la meilleure humeur. 

Ici, devant l'arret, les motobykes drivers sont relativement calmes.  Pas d'insistance trop enervante, pas de saisissement des bagages sans autorisation, ce qui n'est pas le cas partout.  Qua, d'ailleurs, refuse obstinement de faire ce genre de travail, d'un cote il est trop reserve et d'un autre, il ne veut pas passer pour un casse-pieds. 

Une fois les arrivants debarques, les bus vont se garer dans une rue adjacente en attendant l'equipe de nettoyage, les chauffeurs de la nuit vont pouvoir rentrer chez eux et se reposer, ceux du jour se detendent.  Le prochain voyage est deja en preparation, les "partants" sont installes : qui sur sa valise, qui sur les blocs de pierre du trottoir, l'un se depeche d'aller faire un dernier petit besoin avant l'embarquement, l'autre cherche en vain un papier ou son passeport au fond du sac qui ira dans la soute. 

Les chauffeurs du matin sont assis a la table a cote de la mienne, prennent leur cafe et commandent leur sandwich ou leur riz enveloppe dans une feuille de bananier.  Ils rient, achetent un billet de loterie ou le journal, telephonent et finissent par se lever pour aller travailler.  L'endroit se vide, mais pour peu de temps. 

Les prochains clients sont "en civil", ils viennent egalement prendre leur cafe matinal avant leur journee de travail, certains arrivent au guidon de leur mobylette, leur epouse derriere et, une fois debarques, celle-ci prend les commandes et va vaquer a ses occupations.  Le marchand de journaux ambulant fait son enieme passage, il y a toujours de nouveaux clients et l'un d'entre eux aura bien envie d'un journal.  La vieille femme aux billets de loterie revient, elle aussi, elle insiste parfois suffisamment pour que l'un ou l'autre lui prenne un ou deux billets, parfois, elle tend la main, tout simplement, afin d'obtenir quelques dongs.  Le petit cireur de chaussures passe, mais il ne s'arrete que s'il voit un etranger et ils ne sont pas legion a cette heure. 

Pendant ce temps, dans la rue, c'est le defile des mobylettes portant soit un jeune etudiant, un policier en uniforme, un homme et deux jeunes enfants sur le chemin de l'ecole, une femme bien couverte par son masque, ses gants, ses longues manches et ses chaussettes afin de ne pas prendre le moindre rayon de soleil qui lui ferait bronzer la peau qu'elle veut avoir la plus blanche possible.  Les bus sont bondes d'etudiants en uniforme : pantalon bleu marine ou jean, chemise blanche impeccable et lavalliere rouge.  A sept heures du matin, tout ce petit monde a deja pris son petit dejeuner, fait ses exercices matinaux et s'est douche afin d'etre impeccable pour bien demarrer la journee.  Les touristes dorment du sommeil du juste ou cuvent leur alcool de la veille, c'est selon.  Les commerces ont fini de sortir leurs marchandises, les nouveaux arrivants ont trouve leur chambre pour la nuit et les partants sont dans le bus qui les mene vers d'autres horizons.

Il est temps pour moi de donner les 5.000 VND a ma petite marchande et d'aller faire mes exercices sur la plage.  Le ciel est couvert, mais des taches bleu azur, de plus en plus grandes apparaissent.  Je me pose sur la balustrade de la promenade et j'admire la mer, les vagues, l'horizon.  La journee sera belle…

Bonjour tout le monde,

Ah la la, comme les jours filent vite.  Nous voici deja mi-mars, cela fait deux mois que nous avons passe la frontiere vietnamienne.  Beaucoup de choses se sont produites en si peu de temps et tres bonnes pour la plupart.

La semaine ecoulee a ete riche en rebondissements, nous avons recu une demande pour faire un tour prive dans le Delta du Mekong et il a fallu preparer tout cela.  Entretemps, je suis allee voir un des fonctionnaires du gouvernement afin de faire ma demande de licence pour enseigner dans les ecoles publiques, j'ai recu un appel de la directrice de l'ecole privee francaise pour me presenter a une interview, etc…

Nous sommes egalement alles jusqu'a Jungle Beach a moto, car j'avais beaucoup entendu parler du coin et je voulais le voir.  C'est encore assez sauvage, notamment le resort tenu par un Canadien ou il n'y a que des paillotes avec un confort minimal mais dans un endroit tout a fait calme et isole, sur une plage de sable blanc et fin et avec une vue paradisiaque, devant et derriere. 

Pour nous y rendre, nous avons du passer par les campagnes, les plantations de riz, la montagne, c'etait vraiment fabuleux.  Une fois de plus, je me demande comment certains touristes osent dire qu'il ne faut pas s'arreter a Nha Trang parce qu'il n'y a rien a y voir.

Mis a part cela, le temps est beau et ensoleille, mais par intermittence : il y a regulierement une couche nuageuse pendant quelques heures, surtout le matin et meme s'il fait plus de 25 et parfois 28 degres, ce n'est pas encore le beau temps normal de Nha Trang.  Pour nous, Belges, c'est le paradis, mais les gens d'ici se plaignent car ils trouvent qu'il fait vraiment moche.  Eh oui, les reperes sont differents, il n'y a pas a dire !!!

Nous nous portons bien tous les trois, un peu moins Qua qui se tracasse du  manque de touristes : normalement, il ne reste pas autant de jours sans avoir un tour a faire ou une excursion, mais cette semaine a vraiment ete mauvaise et tout le monde se plaint.  Comme je lui ai dit ce matin, il faut rester positif, changer un peu d'orientation et elargir le rayon d'action.  Un peu de patience et cela ira mieux.

Que c'est beau…

Ah oui, c'est a voir !

Bonjour tout le monde,

Aujourd'hui, apres une matinee fructueuse en rencontres pour mon boulot et mes renouvellements ulterieurs de visas, je suis allee prendre ma deuxieme lecon de conduite avec Qua. 

Je voulais louer un motobyke, mais il a prefere prendre le sien (grande marque de confiance, je dois dire, car c'est aussi son outil de travail).  Nous sommes donc partis vers le Nord, le long de la route de la plage pour arriver la ou il n'y a presque personne et ou l'on peut conduire en toute quietude.

Je fais des progres… J'ai compris comment fonctionnent les changements de vitesse, le frein arriere (qui sur la vieille moto de Qua est indispensable pour changer de vitesse car couper les gaz ne suffit plus) et le point mort (qui ne sert quasi a rien).  La theorie ca va, c'est comme sur une voiture, surtout quand le motobyke est vieux.

J'arrive a faire demi-tour sans mettre mon pied par terre, a ralentir, a eviter les obstacles faciles et Qua ne tient plus du tout le guidon quand je roule (il m'a meme dit qu'il n'avait pas prie avant le debut de la lecon).

Aujourd'hui, apprentissage du demarrage (eh oui, c'est complique).  La, ca coince un peu.  Il faut enclencher la premiere, changer de pied d'appui (le droit sert a enclencher les vitesses, le gauche pour le frein arriere), mettre les gaz, remettre le pied sur la pedale de vitesses, couper les gaz, passer la seconde (paf ! je cale !!!).  On remet ca… Premiere, deuxieme… je cale… La troisieme fois, c'est Qua qui tient la manette des gaz et on y va.  Troisieme, quatrieme, troisieme… Merde !!! la pedale est trop dure !  (il faut pousser avec le talon pour retrograder tout en diminuant les gaz et en freinant du pied droit).  Paf, je cale. 

Et ainsi de suite pendant une heure… Le tout entremele d'allers et venues pour ne pas trop se fatiguer ni endommager la pauvre vieille moto.  Les changements vers le haut, ca va, le passage de la troisieme en retrogradant est arrive lorsque j'ai decide de pousser avec l'avant du pied plutot que le talon et une ou deux fois, les arrets et redemarrages ont ete corrects.  Et tout ca sans la moindre engueulade de la part de Qua, sans stress ni mouvement d'humeur.  Cet homme est un modele de patience, je vais finir par croire qu'il m'aime vraiment !

Apres l'heure de conduite, nous avons decide de rentrer en ville par la montagne (j'ai prefere que Qua reprenne les commandes) et la, j'ai pu voir des endroits vraiment sublimes.  La route est en construction et n'est pas encore tres frequentee.  On roule tranquilles entre mer et montagne, la baie s'incurve tres fort a cet endroit et on a l'impression que ce sont des iles que l'on voit en face alors qu'il s'agit de la terre ferme.  Le tout dans des tons de bleu pur et de vert intense.  Quand je pense que j'ai lu dernierement qu'il ne fallait pas s'arreter a Nha Trang parce qu'il n'y a rien a y voir…!!!  N'importe quelle femme qui est emmenee dans un endroit aussi paradisiaque par son copain, fiance ou mari craque tout de suite, je peux vous l'assurer !!! Je comprends encore mieux pourquoi on dit que les Vietnamiens sont d'incorrigibles romantiques.

Nous avons egalement traverse un village de pecheurs, ici aussi le petit port se trouve dans une baie tres incurvee, les bateaux sont tous bleus, les femmes trient les poissons au bord de la route, les enfants jouent et font des "Hello", les hommes se reposent avant de repartir pecher pendant la nuit; ca sent le poisson frais et le barbecue.  Bien sur, c'est pauvre et meme si les maisons sont en dur pour la plupart, il existe encore quelques cabanes en tole, la route est completement defoncee et les pluies de ces derniers jours ont laisse quelques flaques, la proprete est plutot absente, mais malgre leur pauvrete, les gens sont souriants et accueillants.  Ici, pas de restaurant, pas de fioritures, pas de boutiques a touristes, tout va soit au marche, soit dans l'assiette (plutot les restes, d'ailleurs, qui ne pourront etre vendus).

Apres avoir quitte le village, nous avons encore roule un petit quart d'heure tout seuls dans la montagne, puis il a bien fallu reprendre la nationale avec ses camions, ses bus, ses voitures et son bruit.   Il etait  cinq heures passees et tout au long du parcours, l'odeur des pho (soupe de nouilles agrementee d'epices, de legumes et de viande ou volaille) prepares au bord de la route nous a accompagnes tout du long.  Nous sommes arrives en ville l'estomac dans les talons.

Decidement, Nha Trang recele vraiment des tresors incroyables et je n'ai pas fini de les decouvrir.

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