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Comme vous le savez, l’aventure continue sur mon autre blog, celui-ci etant un peu trop lourd a charger depuis le Viet Nam.

Tout va bien, sans etre parfait bien entendu.  Nous avons eu une fin d’annee tres chargee et avons voyage pendant six semaines sans quasi discontinuer et avons fait de tres agreables rencontres, tant du cote des locaux visites que de nos clients, dont certains se sont averes de joyeux lurons et compagnons de routes tres agreables.

Aujourd’hui, nous sommes a Saigon avant de rentrer a la maison pour quelques jours de repos.  Cela fait, nous nous lancerons dans la mise en application du projet “Long An”, deuxieme phase.  En effet, nous avons recu de la part de Fortis Investments, la somme de 1500 Euros a distribuer aux enfants de l’ecole.

Je vous ferai part de la progression des choses.

A bientot,

Patricia, Qua et Rafael

Bonjour a tous,

Je sais que cela va faire des voyages aller-retour, mais vous etes des voyageurs, n’est-ce pas ???

En fait, j’ai beaucoup de difficultes a acceder a la plate-forme de Forum Vietnam et je me vois contrainte d’abandonner cette voie.  Je vais donc reprendre la suite de mes posts sur mon blog precedent dont voici le lien.

En fait, pour l’Europe, cela ne devrait pas poser de problemes, mais les images sont tres lourdes et la connexion ici au Viet Nam est tres lente, ce qui m’oblige a rester tres longtemps sur le net pour pouvoir poster via ce forum.  Je n’ai pas le temps pour cela et j’accede beaucoup plus rapidement a mon ancien blog.

Merci a Mike d’avoir fait le transfert, je regrette que cela se solde par un echec, mais je dois continuer a donner des nouvelles a la famille et aux amis et je n’ai pas le choix.

Lien vers l’ancien blog : http://patetrafauvn.canalblog.com/

A bientot donc sur Le Grand Voyage.

Pat

Canh Sat !

Canh Sat ! Canh Sat !

      

J’etais bien tranquillement assise sur une petite chaise de plastique, sur le trottoir d’une rue de Nha Trang, occupee a me desalterer apres avoir travaille trois bonnes heures sur le net lorsque la lumiere au-dessus de moi s’est brusquement eteinte.  Je me suis promptement levee, comme les quatre hommes assis a la table a cote et ai ramasse casque, bouteille, verre. 

La police est de passage !  Tournee de “ramassage d’etals et de magasins clandestins”.  Nous sommes samedi soir, cela fait mauvais genre pour les touristes de voir toutes ces tables sur le trottoir, tous ces gens occupes a manger, boire, parler…  M’enfin !

Et oui, au Viet Nam comme ailleurs, les flics, on ne les aime pas.  Ils arrivent avec leur camion et s’arretent au hasard, font un controle qui s’avere quasi toujours positif (pour eux) et embarquent chaises, tables, etal, marchandises.  Le tout est emmene au poste et charge au proprietaire de venir le recuperer et de payer l’amende.

Avant huit heures du matin, ils passent et ne disent rien en general, certains de leurs collegues sont meme assis a une de ces tables, occupes a prendre le cafe.  Les soirs de semaine et hors saison touristique, meme chose, personne ne se tracasse.  Mais une fois les touristes dans la rue, les controles commencent.  Tous les locaux sont habitues et il est tres amusant de voir tant de monde se lever d’un seul homme, prendre ses affaires et aider a empiler tables et chaises afin que la “prise”, si elle a lieu, ne soit pas totale. 

Je n’ai pas encore compris tous les tenants et aboutissants de ces controles, mais je vais creuser un peu.  Peut-etre que tout ce qui ne se trouve pas sur le trottoir reste “prive” et que la police ne peut les saisir, peut-etre les commercants esperent-ils ne pas etre vus cette fois.  En fait, les “prises” ne sont pas si courantes si on considere le nombre de commercants “ambulants” presents dans les rues.  Je serais curieuse de savoir ce qui motive les policiers a s’arreter chez celui-ci plutot que chez celui-la et quelles sont les consignes qu’ils recoivent de leur hierarchie.

 

 

 

 

Album photos : Cambodge

AA - Notre maison au Vietnam

Bonjour tout le monde !

Deux semaines a nouveau sans donner de nouvelles, mais j’ai des “escuuusss”.  J’ai en effet recu des visites ces derniers temps, un couple franco-vietnamien et un ami vietnamien de Hoi An.  Nous avons donc passe pas mal de temps sur la route, la plage et au resto (miam miam). 

Avant cela, le delta et le projet forumvietnam, la visite d’un forumeur super sympa et de sa famille (il se reconnaitra).  Bref, des semaines tres chargees, beaucoup de choses a faire egalement via internet et … peuchere, ca prend du temps ici… en plusse, ave cette chaleure…. Ve…

N’oublions pas non plus l’Euro 2008 qui est diffuse au milieu de la nuit, ce qui engendre parfois quelques grosses fatigues le matin et des “pas trop envie de bosser”.  Comme beaucoup de mes lecteurs, via forumvietnam, sont Francais, je ne ferai pas de commentaires sur le match d’hier soir… un certain France - Hollande, meme si l’envie me demange ;-))).  J’ai pris mon plaisir en regardant Allemagne - Croatie (mon premier voyage seule, une belle histoire d’amour aussi).  D’autres matches interessants en perspectives : France - Italie (Viva Italia !, non ne frappez pas !), les quarts de finale et la suite.  Inutile de vous preciser que je soutiens a 100 % la Croatie, deuxieme choix, la Hollande, troisieme choix l’Allemagne.  Le Portugal se comporte pas mal aussi, mais il ne fait pas encore partie de mes “chouchous”.  Tout ceci pour vous donner de quoi me charrier juste au cas ou… ;-)))

Mis a part cela, nous allons bien, il fait chaud, chaud, chaud (pardon pour ceux qui se farcissent 15 degres dans le Nord avec de la pluie en sus), le soleil est toujours au rendez-vous (j’ai meme pris un bon coup de soleil en allant de Nha Trang a Doc Let a moto) et les affaires vont peut etre reprendre du poil de la bete (j’ai encore un tas d’idees, il faut que je trouve les meilleurs filons pour les concretiser).  Un “coup de pouce” familial va me permettre d’avancer dans mes (nos) projets, ce fut la bonne surprise du Vendredi 13 qui, en ce qui me concerne, semble plutot porter bonheur.

Grace au “coup de pouce”, Raf va pouvoir entrer a l’academie dehttp://www.prodive-vietnam.com/ plongee de Nha Trang  et, s’il est bon et que le metier lui plait, tenter de devenir instructeur de plongee.  Vous allez dire “depuis le temps qu’elle en parle !”.  Je sais, mais comme m’a toujours dit mon papa : “Avec les enfants, on fait ce qu’on peut et pas ce qu’on veut !” (A mediter pour tous ceux qui ont des envies de procreation).

Pour ce qui est de mon blog, j’espere que vous arrivez a lire les anciens articles, car j’ai un peu de mal avec les serveurs d’ici.  J’ai demande a Mike (responsable de forumvietnam) de transferer mon blog sur la plate-forme du forum et j’espere que tous les anciens lecteurs y ont acces sans trop de problemes.  Pour les photos d’avant, j’espere que Mike pourra faire quelque chose, je n’ai pas envie de les perdre, mon blog me sert de coffre-fort.

Je n’ai pas encore eu le temps de regarder les photos publiees relatives au projet, mais j’avais fait tout un album sur mon precedent blog.  Je pensais en recevoir plus de la part de Nhan, un instituteur de l’ecole, puisque mon appareil m’a honteusement lachee en pleine ceremonie, mais il a cru bien faire en m’envoyant cinq photos agrandies et plastifiees (tres jolies et que je ferai scanner pour vous des que possible) plutot que de m’envoyer un cd-rom avec un maximum de photos.  Il faudra donc vous contenter de ce que j’ai, pas le choix, je me vois mal lui telephoner pour lui dire “c’est bien gentil, mais c’est pas ce que je t’avais demande”.  Ce n’est deja pas facile pour eux : Long An est un petit village et il n’y a meme pas de liaison internet a l’ecole.

Concernant les commentaires (merci Pierre), je ne sais pas comment faire pour repondre via un autre commentaire.  Je vais donc ecrire individuellement sur la messagerie de ceux qui m’en feront.  Ne pensez pas que je ne veux pas repondre, c’est juste que je ne sais pas.  Je debute avec ce systeme et comme mes neurones sont engourdis par la chaleur, j’ai du mal a apprendre.

Apprendre… puree ! le vietnamien ! pas evident les “ng” en debut de mot.  Ce matin, j’etais a l’apprentissage de “toi di ngu” (je vais dormir) et j’ai bien failli y aller !!!  Mon cher fils, qui pour une fois assistait a la lecon, reussit a le dire sans probleme et, bien sur, mon cher Qua n’a pas rate l’occasion de me dire : ”your son, better”, ce qui m’a encore plus decouragee; j’ai souvent la sensation qu’il n’y a que moi qui ne fais rien de bon aux yeux de Qua et j’ai du mal a le supporter en ce moment.  Petite parenthese pour les couples mixtes, si quelqu’un a des tuyaux pour me remonter le moral en m’expliquant comment ca se passe “femme europeenne - homme vietnamien”, je suis preneuse.

Sur ce, je vais vous quitter la, car je n’ai pas encore avance d’un pouce pour le site www.quavietnamdiscovery.com et il est temps que je m’y mette. 

A bientot,

Bises a toutes et a tous,

Pat, Raf et Qua

Bonheurs et catastrophes.

Me voici coincee a Saigon avec encore 6 heures a tuer avant de prendre mon bus pour rentrer a Nha Trang. Je profite donc de l’occasion pour vous relater les derniers evenements.

Comme prevu depuis longtemps, j’avais une mission confiee par Mike, le responsable de Forum Vietnam http://www.forumvietnam.fr/ qui consistait en l’achat et la distribution de 90 packs scolaires a des enfants defavorises. Le nombre important de packs a, a lui seul, pose le premier probleme : soit trouver plusieurs ecoles ou pagodes ou orphelinats et donc multiplier le nombre de demandes d’autorisations, de contacts et autres, soit trouver une ecole ou 90 enfants etaient defavorises. Apres plusieurs tentatives et recherches infructueuses, je commencais a serieusement me decourager et aurais volontiers cede ma place a un autre forumeur vivant au Viet Nam. Mais la Providence ou Bouddha ou le Destin (selon votre choix) en avait decide autrement.

C’est donc lors d’un circuit avec Qua et des clients dans le delta du Mekong que nous sommes tombes par hasard sur l’ecole de Long An, a 35 km de Ho Chi Minh (Saigon). Nous nous etions arretes pour prendre un cafe lorsque nous avons ete alertes par les cris des enfants en recreation. Qua, sachant que je cherchais une ecole et voyant l’etat de delabrement de celle-ci, est alle demander si on pouvait la visiter. Nos clients etaient par ailleurs ravis, surtout la jeune maman qui avait en tete de “faire quelque chose pour les aider”. Nous avons ete chaleureusement accueillis et poursuivis par une bonne centaine de gamins, peut etre meme plus, criant, riant et nous suivant partout.

Pendant que la famille faisait le tour de l’ecole suivie par tous ces enfants curieux, Qua et moi sommes alles trouver une des enseignantes pour lui expliquer le projet de Forum Vietnam. Elle s’est montree tres interessee et nous a fait part de ses doleances quant a l’etat de pauvrete de nombreuses familles du village ainsi que du delabrement des batiments scolaires. Elle nous a donne ses coordonnees avec promesse de notre part d’ecrire aux autorites pour leur demander leur accord afin de distribuer les packs scolaires.

De retour a Nha Trang, il fallut ecrire la lettre (en francais), la faire traduire par une ancienne institutrice bilingue - qui n’a pas eu la gentillesse de le faire gratuitement, meme s’il s’agissait d’une action humanitaire -, envoyer cette lettre et attendre la reponse. Un mois passa, puis six semaines. Je me demandais si la lettre etait arrivee et pourquoi je n’avais pas de reponse. Meme sachant qu’ici au Viet Nam, les choses prennent du temps, surtout lorsqu’il s’agit d’administration, je commencais a me poser des questions sur le desir reel de l’ecole d’etre aidee. Je me decidai donc a telephoner a l’ecole et il me fut repondu qu’on avait peut etre recu la lettre, qu’il fallait voir, qu’on etait bientot en periode d’examens et que patati et que patata. Bref, j’etais vraiment decue de cette attitude.

Deux jours plus tard, un appel de l’ecole me rassura, le gouvernement etait d’accord, la lettre avait fait plusieurs bureaux et, cela ne m’a pas ete dit clairement, mais je l’ai compris hier en rencontrant les autorites, fait l’objet d’une enquete. L’ecole nous demandait d’attendre encore une dizaine de jours avant un autre coup de fil nous annoncant la date a laquelle nous pouvions nous presenter a l’ecole. En fait, ils voulaient profiter de la remise des prix et des bulletins, ceremonie a laquelle sont conviees les autorites et la totalite des eleves, pour nous inviter a la distribution. Apres toutes ces peripeties, je doutais un peu de la probabilite de ces propos, mais j’attendis leur appel.

Le 22 ou 23 mai, Qua recoit enfin le coup de fil nous donnant la date. C’est prevu pour le 30 mai, dernier jour d’ecole a Long An. Enfin, nous pouvons faire les achats, prevoir le depart, organiser le transport et autres activites indispensables a la bonne reussite de l’operation. Qua passe dans une compagnie de Nha Trang ou il trouve des cartables, puis m’accompagne a la grande librairie-papeterie ou nous trouvons a peu pres la totalite de la marchandise, excepte les cahiers, car le volume aurait ete trop grand a transporter jusque dans le delta. Nous voici fin prets pour l’aventure Forum Vietnam. Le lundi soir, nous arrivons en taxi a la gare des bus de Nha Trang avec nos enormes colis. Nous avions choisi de prendre un bus “normal”, c’est-a-dire “places assises” et non “sleeping bus” pour economiser nos frais. J’avoue que meme si les bus de la compagnie May Linh sont tres confortables, je ne reitererai pas l’experience ; je suis incapable de m’endormir assise et j’ai passe une nuit blanche.

A cinq heures trente du matin, nous voici rendus a Saigon. Nous trouvons facilement un taxi pour nous emmener jusqu’a Can Giuc, la “ville” la plus proche, et arrivons la-bas vers les six heures trente. Qua telephone a son contact (au gouvernement), mais sans reponse. Je lui dis qu’il est beaucoup trop tot et que meme ici au Viet Nam, les fonctionnaires commencent leur travail vers huit heures.

- Oui, je sais, mais a cette heure, il devrait etre debout, me dit Qua.

Il faut savoir que Qua a des idees bien arretees et que, dans certains cas, le contredire ne sert a rien. Je decide donc de hausser les epaules et de le laisser s’escrimer a joindre son contact.

Apres une bonne demi heure d’enervements de sa part et de sourires moqueurs de la mienne signifiant “tu vois bien que ca ne sert a rien”, il decide de demander au taximan de nous conduire jusqu’au siege du gouvernement. Nous sommes alors diriges vers le batiment abritant le service de l’education et des enseignants, mais nous trouvons porte close et personne pour nous repondre. Nouveaux coups de fil de Qua qui s’impatiente et devient de plus en plus choque par l’attitude de son contact. Il me dit que c’est inadmissible, que celui-ci lui a dit de lui telephoner des son arrivee, qu’il devrait etre joignable, etc, etc. J’approuve, mais lui rappelle quand meme qu’il est encore tres tot matin et que ce monsieur n’est peut-etre pas leve.

A ce moment, passe un homme en motobyke qui nous demande ce que nous cherchons et s’il peut nous aider. Apres palabres en vietnamien, l’homme repart et revient quelques minutes plus tard avec un nouveau numero de telephone. Qua essaie, mais sans plus de succes. Nous decidons donc d’aller prendre un cafe et d’attendre un peu, l’homme nous ayant dit qu’il nous retrouverait avec des informations et de l’aide. Une dizaine de minutes plus tard, arrive un homme en motobyke qui nous dit etre un enseignant de l’ecole de Long An, avoir ete envoye par une personne (je ne sais pas qui) pour nous accueillir et nous guider vers un hotel et ne rien connaitre du projet. Ca commencait deja bien !!!

Nous remontons dans le taxi et nous arretons dans une guest house ou nous pourrons enfin prendre une douche et un peu de repos. Rendez-vous est pris plus tard pour faire connaissance avec les enseignants et parler de l’organisation du projet. Notre chambre est confortable, a mon avis, mais pas assez bien selon Qua qui rouspete tant et plus : il y a des moustiques, il ne pourra pas dormir, etc, etc. Comble de malchance, l’eau est coupee regulierement, ce qui a le don de nous enerver puisque nous avons besoin d’une bonne douche.

Apres avoir pris un peu de repos, Qua contacte l’enseignant qui annonce sa venue a l’hotel. Nous nous preparons donc et avons la bonne surprise de voir arriver deux hommes qui se presentent comme enseignants, nous disent avoir ete mis au courant entretemps par l’enseignante avec laquelle nous etions en contact auparavant, mais que celle-ci a ete mutee et avait oublie de les prevenir. Ils sont tres heureux de nous recevoir et d’apprendre ce qui va se passer. Ils nous conduisent dans le restaurant le plus proche (peut etre meme le seul) et nous avons l’opportunite de discuter de notre projet. Sur ces entrefaits, l’institutrice vient nous rejoindre et les jours a venir se presentent sous les meilleurs auspices.

Le diner termine, Qua et l’institutrice se rendent dans un magasin afin de commander les cahiers et le materiel manquant. Comme certains articles (notamment bics bleus peu utilises par les plus jeunes et tube de colle) ne sont pas apprecies par les enseignants et n’ont pas ete achetes, je propose qu’elle choisisse ce qui lui semble le mieux convenir dans une fourchette de prix imposee. Je retourne a l’hotel, n’etant pas indispensable a ce deplacement et attends la suite.

Je profite pour faire une petite parenthese sur les sommes prevues pour les packs et les raisons de certains changements.

Nous avions donc 142.000 VND par pack avec des articles imposes et des prix estimes.

Lors de nos premiers entretiens telephoniques, l’institutrice avait dit qu’il serait peut etre judicieux d’aider une de leurs eleves malade et tres pauvre. N’ayant pas autorite sur la destination du budget, j’avais repondu que je verrai cela sur place et qu’il etait preferable de ne pas y compter, le budget prevu etait serre et je ne savais pas s’il resterait de l’argent.

Lors de notre diner, les enseignants ont reparle de Huyen, la petite fille en demandant s’il y avait un budget prevu pour l’aider. J’ai repondu que je n’avais pas le pouvoir de decision, mais que s’il restait de l’argent apres les achats, je contacterais Mike pour lui demander son avis.

De retour a l’hotel, Qua me dit que l’institutrice a fait les achats prevus, que la somme que je lui avais donnee etait tres au-dessus du montant des achats et qu’ils avaient vu d’autres articles a ajouter aux packs. Il voulait mon avis et, si j’etais d’accord, ils iraient le lendemain les acheter. Puisqu’il me fallait depenser cette somme pour les enfants, j’ai accepte. Le soir, nous avons ete invites a diner chez une enseignante et une des institutrices, voisine de Huyen, m’a reitere sa requete quant a une aide financiere pour des soins medicaux ou autres.

J’etais assez reticente, car il n’est pas rare d’entendre ce genre d’arguments et il est necessaire d’etre tres prudent. De plus, elle a aussi parle de la mere qui est en retour de couches difficile et j’ai finalement pense qu’il s’agissait surtout de percevoir de l’argent pour la famille, ce qui n’etait pas prevu dans mon contrat. J’ai donc demande a aller rendre visite a cette famille et a voir la petite fille avant de telephoner a Mike. Rendez-vous fut pris pour le lendemain matin. Nous sommes alors alles prendre un cafe tous ensemble chez une autre institutrice et avons passe une excellente soiree.

Le jeudi matin, Qua et moi decidons d’aller prendre le cafe chez cette institutrice (en fait, il s’agit du cafe de son mari) et ensuite d’aller manger une soupe pour dejeuner. Nous nous rendons ensuite a l’ecole ou Qua me dit que nous sommes attendus par les enseignants. En effet, ils sont quasi tous presents, occupes a faire des paquets de cahiers (recompense de fin d’annee pour les eleves), qui en aura huit, qui quatre, trois et un, selon je pense, mais sans certitude, le pourcentage atteint aux examens. Je leur propose mon aide et demande a Qua d’aller chercher les colis a l’hotel avec un instituteur afin que nous puissions preparer les packs sur place, ce qui sera plus commode.

Une fois les cahiers offerts par l’ecole empaquetes, je leur propose de commencer les packs. Comme Qua est parti faire d’autres achats avec l’institutrice, je suis un peu perdue, car aucun d’entre eux ne parle l’anglais et mes quelques mots de vietnamien ne servent a rien dans cette situation. Neanmoins, en leur montrant l’exemple, ils suivent tous et se mettent a l’ouvrage.

Retour de Qua, ouf !

J’avais, avec mon systeme d’organisation tout belge, prevu une methode pour faire les packs sans oublier quoi que ce soit. C’etait sans compter sur la desorganisation a la vietnamienne et je me suis vite trouve depassee par les evenements. De plus, je voyais tout un tas de choses inconnues et je ne savais plus ce qui se passait. Cela a engendre un gros enervement de ma part et une bonne engueulade a Qua pour ne pas me tenir au courant de ce qui se passait. Finalement, tous les packs ont ete faits, les cartables remplis et les objets supplementaires distribues correctement. Je n’arrive toujours pas a comprendre comment ils y sont arrives avec une telle foire, mais je m’etonne de moins en moins au Viet Nam. Disons que cela a occasionne un peu plus de travail (ouvrir et fermer les mallettes a chaque objet ou presque, les mettre sur un tas puis recommencer), mais bon, tout a ete fait dans la sueur et la relative bonne humeur (relative de ma part). Cela fait, avec Nhan, le “responsable du projet designe” et deux autres enseignants, nous sommes alles nous restaurer puis sommes alles visiter une tres ancienne pagode ou un enseignant courageux de la region a aider a chasser l’envahisseur… francais, fin du XIXeme siecle. Apres cette visite, interessante et la rencontre avec le moine-responsable qui a atteint l’age respectable de 92 ans, nous nous rendons chez Huyen.

Il faut parfois savoir s’accrocher lorsqu’on visite les pauvres. Au premier regard, cette famille ne fait pas partie des plus demunis, si l’on considere qu’ils ont la “chance” d’habiter une maison en dur et non pas une cabane en planches comme beaucoup encore, mais elle se compose de cinq enfants de 14 a 6 ans (je n’ai pas vu de bebe et ne sais pas si j’ai bien compris l’histoire du retour de couche) et de deux adultes, ce qui fait quand meme sept bouches a nourrir et cinq enfants a scolariser.

Une fois a l’interieur, on se rend compte de l’etendue de la pauvrete. Le mobilier est reduit a sa plus simple expression et dans un etat de delabrement dramatique, le motobyke a du faire la deuxieme guerre mondiale et il n’y a que deux pieces en tout et pour tout, la premiere seule etant en briques, l’autre etant une annexe de planches et de tole ondulee. Malgre cela, nous sommes accueillis chaleureusement, on nous propose un verre d’eau avec de la glace auquel nous n’osons pas toucher car il s’agit plus que probablement d’eau du robinet dangereuse pour nos intestins fragiles et Huyen m’est presentee.

C’est une jolie petite fille de huit ans qui a deja eu sa part de souffrances. En fait, elle souffre d’une affection qui l’empeche de controler ses besoins naturels et doit porter des langes en permanence (surtout pour aller a l’ecole). Elle recoit regulierement des medicaments (je n’ai pas trop compris le motif) et a subi une operation d’investigation qui lui laisse une mechante cicatrice dans le bas du dos. Au vu de cette cicatrice, je n’ose imaginer ce qu’on lui a fait subir. Une autre operation serait possible d’ici un an ou deux, mais je n’en sais pas plus.

Les conclusions du medecins sont peu encourageantes, il dit qu’il faut attendre avant de poser un nouveau diagnostic, que cela peut venir d’un probleme physique ou d’un defaut dans la connexion vers le cerveau. Je ne peux en dire plus, l’anglais de Qua n’est pas des plus brillant et je ne comprends rien au vietnamien. Toujours est-il que Huyen doit souvent s’absenter de l’ecole (il doit donc y avoir un autre probleme), mais qu’elle fait son maximum pour suivre et rattraper les cours lors de ses absences.

J’apprends alors que les enseignants ont decide d’acheter des cahiers plus fins et donc moins chers pour les packs scolaires afin d’avoir un reste d’argent pour aider Huyen. Comme il s’agit d’une decision collective, il m’est tres difficile de refuser l’aide, mais je leur annonce que je dois en referer a Mike avant de prendre une quelconque decision definitive.

L’apres-midi, Mike me rappelle et me dit que si les packs sont complets et qu’il reste de l’argent, il lui semble normal d’accepter d’aider Huyen, mais qu’il serait preferable, dans la mesure du possible, de faire des achats. Nous retrouvons donc les enseignantes qui nous conduisent au marche ou nous achetons des langues pour une annee, deux uniformes pour l’ecole, une paire de sandales, un chapeau et des berlingots de lait vitamines que l’institutrice donnera quotidiennement a Huyen. Il reste cependant encore pas mal d’argent et j’ai du mal a trouver a le depenser car je n’ai pas envie d’acheter des choses inutiles alors qu’elle aura besoin de medicaments ou de visites medicales dans un avenir relativement proche.

L’institutrice me dit alors qu’il est possible d’acheter des cartes de visites pour le medecin. Il s’agit d’une carte qui donne acces a une visite du medecin gratuite a 90 %. Je voulais en acheter pour le reste de la somme, mais comme les prix augmentent a vitesse grand V, la contribution des parents par rapport a la somme prealablement payee risque d’augmenter egalement et c’est courir le risque qu’ils ne puissent pas les utiliser. Je demande donc qu’ils s’en procurent deux et decide de garder une somme qui leur sera versee en cas de besoin que ce soit pour des medicaments, une visite medicale ou autre urgence. De toute facon, je me rendrai sur place si necessaire.

Nous rentrons a l’hotel juste a temps pour eviter la pluie et prenons rendez-vous a l’ecole le lendemain matin a 07.30 h pour la grande fete de fin d’annee. Qua et moi avons dine en tete a tete (pour une fois) et j’ai eu l’occasion de manger un bon steak-frites - eh oui, ca manque de temps a autre -, des grenouilles - et pas que les cuisses -, et du porc marine excellent. De retour a l’hotel, Qua, qui souffre d’une allergie et a du prendre des antihistaminiques s’est effondre directement ce qui m’a permis de regarder un peu de tele francophone - ca fait du bien aussi de temps en temps.

Le vendredi matin, lever a six heures, douche, cafe chez l’institutrice et depart pour l’ecole en n’oubliant pas de s’arreter pour manger une soupe. A notre arrivee a l’ecole, les enfants sont tous installes sur de tout petits tabourets dans la cour, les enseignants et officiels sont sur l’estrade du preau, un petit estrade individuel (j’ai oublie le nom de ce “truc”) est place en face des enfants et, sur deux tables, on peut apercevoir nos packs et les cahiers qui seront distribues.

La ceremonie commence par le lever des couleurs (il y a un drapeau vietnamien dans la cour de chaque ecole) et les enfants, debout et en choeur, nous chantent l’hymne national. Apres cela, discours du directeur, des officiels, presentation des nouveaux visiteurs - Qua et moi - et de la surprise que nous leur reservons et distribution des certificats et des cahiers. Tout ceci prend une bonne heure, l’ecole compte 485 eleves entre 6 et 14 ans pour cinq niveaux de classe de la premiere a la cinquieme (systeme francais, je crois, different du belge qui comporte 6 classes primaires).

Apres cela, une eleve de terminale vient lire un long, tres long texte et nous passons a la distribution. Il m’a ete demande de prononcer un discours, mais comme je savais que Qua n’aurait pu traduire et que je voyais les enfants dissipes apres cette longue attente sous le soleil, je me suis contentee de les remercier pour leur accueil, de les encourager a continuer leurs efforts a l’ecole et de leur souhaiter a tous un diplome qui leur ouvrira les portes d’un bon emploi plus tard. La distribution s’est faite classe par classe et les enfants, comme prevu, etaient tres intimides. Vous ne verrez donc pas beaucoup de sourires sur les photos que je vous enverrai plus tard.

Apres cela, les enfants ont ete liberes et nous avons ete invites a prendre le pot de fin d’annee avec le corps enseignant et les autorites. Nous sommes d’abord passes chez les hommes (la ou on boit), puis j’etais invitee a partager le repas des femmes (ou l’on ne boit que des sodas et de l’eau).

Chez les hommes, nous avons eu l’occasion de discuter avec les representants du gouvernement et je leur ai promis d’essayer de les mettre en relation avec l’education nationale de Belgique pour un eventuel partenariat.

Ches les femmes, j’ai demande a Qua de faire exception a la regle et de ne pas me laisser seule. Comme il deteste boire, il s’est empresse d’accepter (il prefere la nourriture a la biere). Nous avons donc passe un moment tres agreable et amusant. Les hommes tour a tour venaient nous apporter de la biere et trinquer avec nous, nous n’avons pas pu y echapper et nous etions pompette avant onze heures du matin.

Nous nous sommes quittes avec force de remerciement de la part des enseignants et des representants du gouvernement et la promesse de rester en contact, de revenir et de nous revoir apres la rentree prochaine.


La suite plus tard. Je vous raconterai nos mesaventures Saigonnaises.

Bises a tous,

Pat et Qua

Oups !

Juste un petit mot pour vous demander a tous d'etre indulgents quant a ce message. Je viens de le relire et me suis apercue qu'il etait bourre de fautes d'orthographe, de syntaxe et autres…
Je n'ai pas le temps de le corriger, je ferai cela un de ces quatre… si j'ai le temps !!!

Nha Trang, le 15 mai

Hello tout le monde,

Presqu'un mois deja que je n'ai pas complete ce blog.  Que le temps passe vite !

J'espere que vous etes tous en forme malgre les mauvaises nouvelles que je recois de Belgique (meteo degueu jusqu'a fin avril; politique, n'en parlons pas; augmentation de tout ce qui est necessaire, mais pas des salaires…). 

J'ai moi aussi eu mon passage a vide.  Trois bonnes semaines de desillusions et de petits chagrins, mais bon… quand je pense au pays, je me dis que je n'ai pas a me plaindre et que la vie est quand meme belle sous les Tropiques.  Chaude, tres chaude pendant quinze jours… Les nuits etaient tres difficiles a "vivre" et surtout a dormir (je ne m'endormais que sur le coup des deux heures du matin tellement j'avais chaud) et les journees etaient tellement chaudes que mes neurones etaient en decomposition totale.  J'ai commence a ecrire mon roman, mais lui aussi est reste en rade faute d'imagination; le website n'avance pas (par ma faute) et j'ai "glande" pas mal a la maison et je me suis gavee de tele meme si TV5 MONDE - ASIE n'est pas vraiment le nec plus ultra.

J'ai quand meme fait quelques contacts pour les trips organises, mais j'attends des nouvelles de la plupart des clients potentiels.  Qua n'a pratiquement pas de travail en ce moment et c'est pareil pour tous ses collegues qui se plaignent terriblement du manque de touristes.  J'ai lu aussi, quelques romans, pas toujours les meilleurs, mais ca detend.  Mary Higgins Clark, ca me rappelle le boulot, mais ca m'amuse.

J'ai enfin recu des nouvelles de l'ecole du delta du Mekong, mais il faut attendre encore avant d'y aller car ils veulent organiser une grande fete et cela ne pourra se faire qu'apres les examens.  J'ai egalement recu la visite de Trong, un ami restaurateur de Hoi An que nous avions rencontre a plusieurs reprises lors de nos passages dans cette ville.  J'ai pu faire la connaissance de JP, un francais qui voyageait avec un groupe et qui m'a donne quelques unes de ses impressions sur le voyage et les autres voyagistes.  Ce fut une soiree tres interessante et instructive. 

Bientot, c'est Sylvain, un Viet Kieu Francais qui va venir nous rendre visite a Nha Trang, pour le moment, il est dans sa famille dans le delta.  J'ai hate de le voir, ca fait du bien de discuter de temps a autre avec des gens de passage qui n'ont pas encore perdu le contact avec l'Europe, car de mon cote, je me rends compte a quel point je vis en decalage avec mon passe (eh oui, la Belgique, c'est mon passe maintenant, j'en suis intimement persuadee, mais je ne vous oublie pas).

J'ai recu d'autres visites, dans ma maison, un peu moins agreables, celles-la : quatre araignees, deux un jour, deux le lendemain… berk !  Elles sont geantes !!! Pas dangereuses ni venimeuses, Qua m'a meme dit qu'il ne fallait pas les tuer mais les pousser dehors… Desolee, je tue !!! 

Mes autres locataires sont plus jolis, ce sont des geikos (petits lezards) qui ont la bonne idee de manger un maximum d'insectes.  Ceux-la, ils sont les bienvenus en permanence.  Le soir, ils se promenent sur les murs du living ou de la cuisine.  Ils viennent regarder la tele avec nous ;-)))

Il y a une dizaine de jours, c'est une petite grenouille qui est venue me rendre visite pendant la nuit.  J'etais occupee a regarder un documentaire et soudain, je vois un mouvement dans l'ombre.  Apres la visite des araignees, je suis sur le qui-vive et mon premier reflexe a ete de grimper sur le divan, pieds pres des fesses… Comme je ne voyais plus bouger, je me dis qu'il etait grand temps de prendre mon courage a deux mains et de me debarrasser de l'intrus.  Je m'etends jusqu'au commutateur, allume la grande lumiere et fixe le sol avec une grande crainte, persuadee de tomber une fois de plus sur un monstre a huit pattes.  Rien ne bouge… etonnant !

Enfin, je me decide a poser un pied par terre, puis l'autre et a avancer vers le point ou l'animal effrayant s'etait refugie.  Je saute d'abord dans mes tongues - chez nous, on vit pieds nus en permanence -, puis je pars en exploration.  Le bruit de mes pas a alerte le locataire qui s'est d'abord avance d'un bond (aie, une araignee qui saute, au secours !).  Puis, comme la chose restait figee, je m'en suis approchee, bombe insecticide a la main.  C'est a ce moment la que je me suis trouvee nez a nez avec une petite grenouille brune encore plus terrorisee que moi.  Elle me regardait sans bouger en se demandant certainement quel etait cette horrible et effrayante bete qui la surplombait d'un metre cinquante.  Ouf !!! Une petite grenouille, pas de quoi faire dans ma culotte, quel soulagement !

Afin de ne pas effrayer d'avantage ma visiteuse, j'ai sagement rejoint le divan et eteint la lumiere, me demandant comment elle avait pu entrer.  La petite chose est restee une bonne heure au milieu du salon, peut etre a essayer de rassembler tout son courage pour enfin quitter cet antre malefique.  Puis, a un moment, elle s'est enfin decidee a se diriger vers la porte et s'est glissee dans l'interstice qui mene a l'exterieur.  Je me demande toujours comment elle a pu s'ecraser autant pour sortir.

Hier, par contre, je ne sais pas si c'est son mari ou son pere, mais j'ai croise un crapaud enorme en sortant de la maison.  Il a de nouveau plu tres fort ces jours-ci, notamment il y a deux jours et les batraciens ont decide de quitter les abris pour decouvrir le monde.  Il y en a beaucoup un peu partout, mais rarement si pres des entrees de maison, je les comprends, ils n'aiment pas trop les gros animaux dangereux que nous representons a leurs yeux.


Autre source de tracasserie, le voisin.  Il construit sa maison, une toute nouvelle, qu'il fait de ses mains avec l'aide pour la maconnerie de quelques ouvriers - et surtout ouvrieres, car ce sont surtout les femmes qui bossent au Viet Nam, notamment pour les gros travaux fatiguants -.  Donc, depuis trois semaines, de six heures trente du matin jusqu'a six heures du soir, c'est boucan, vacarme et compagnie.  Pan, pan, pan; ziiii, ziiii, ziiii; clac clac, clac et autres joyeusetes comme je les aime.  Mais il faut quand meme reconnaitre le merite de cet homme qui aura quasi tout fait lui-meme.  Il avait commence par les encadrements de portes et fenetres - c'est son metier - ziiiiii, ziiiiiiiiiii, ziiiiiiiiiii la polisseuse… Ensuite, il a demoli sa cabane - il habitait dans une maison en planches ou, je pense, il ne devait y avoir qu'une seule piece de vie et une toilette - vlam, vlam, vlam, les planches qu'on jette les unes sur les autres, mais que l'on recuperera pour en faire des meubles.  Apres cela, un jour de calme, il a fallu creuser les fondations : trente centimetres, pas plus, tout autour de ce qui sera la nouvelle habitation. 

Cela fait, premiere construction du mur d'enceinte.  Un metre environ.  Bien, pas trop bruyant, sauf quand les tracteurs venaient decharger les briques, paves, rocs et autres… ceux qui allaient servir a… aucune idee, je ne sais pas ou il les a mis.

Les soubassements construits, j'ai eu la surprise de le voir remplir le tout de graviers (peut etre les rocs d'ailleurs qu'il a reduits en petits cailloux, car j'ai entendu taper et taper encore la veille, mais je n'ai pas vu, j'etais en deplacement), puis a recouvert d'une couche de sable qu'il a tassee a la main.  Incroyable !  Ca fait un boucan d'enfer, mais sous cette chaleur, je tire mon chapeau !  Toute la surface a ete dammee par deux hommes, le tout a l'aide d'un baton au bout duquel ils avaient attache une plaque de metal d'environ 50 centimetres de cote.  Fou !  Apres le dammage, l'arrosage, je suppose pour tasser le tout.  Sechage pendant une bonne journee, heureusement, avec la chaleur, ca seche tres vite, puis il a recouvert le tout d'une couche de beton et fait une chape qu'il a lissee egalement a la main.  La maison est donc surelevee comme la mienne, ce qui me fait predire que la saison des pluies amenera son lot d'inondations.  Nouvel arrosage puis sechage et re-lissage.  Pendant les periodes de sechages, je m'etais dit que j'allais avoir un peu de calme.  Que nenni !  Cet homme est un vrai bourreau de travail.  Il en a profite pour construire d'autres chassis.  Ziiiii, ziiiii, ziiiii… Pan, pan, pan…. Clac, clac, clac…

Le beton seche, on monte les murs.  Arrivages journaliers de briques, vlam balam badam… Mise en tas desdites briques par des femmes et leurs enfants… patati, patata, fais pas ci, fais pas ca… (je ne comprenais pas ce qui se disait, mais au ton des meres et a la mine des gamins, j'ai l'impression qu'ils se sont plus d'une fois fait enguirlander).  Scriiitch, scriiitch, scriiitch… la pelle qui remue le mortier.  Pang, pang, pang… les cailloux que l'on casse - et ca, je ne sais pas pourquoi, je les ai perdus de vue.  Les murs montent et je peux observer de la terrasse la disposition des pieces : quatre "cellules" sur la droite dont trois sans fenetre, une piece a l'arriere qui servira probablement de salle de bain et toilette vu les tuyaux qui y ont ete raccordes, une grande piece a gauche et une plus petite en facade, mais sans mur exterieur, il s'agira probablement d'une entree pour garer les motobykes.  Je plains les personnes qui vont dormir dans ces "chambres", car rien n'existe pour les aerer ni les eclairer naturellement.  On pourrait presque croire qu'il s'agira de mini salles de cinema.

Les murs montes, il faut penser a la grille ou a la porte avant.  Pang, clang, bang… Notre futur proprietaire creuse des espaces dans la brique afin d'y faire penetrer plus que probablement des montants metalliques… Je ne sais, je n'ai pas encore compris a quoi serviront ces encoches creusees a meme la brique.  Je sais une chose en tout cas, c'est que ca fait beaucoup, beaucoup de bruit.  J'avais l'impression qu'il allait passer a travers notre mur et se retrouver dans le salon.

Hier et avant-hier, ils ont place le toit.  De grandes plaques de tole ondulee, inclinees pour laisser glisser les pluies torrentielles qui ne vont pas manquer de s'abattre sur nous en octobre et novembre et une petite "terrasse" sur l'avant, raccordee a un tuyau d'evacuation; le dit tuyau d'ailleurs, n'etant raccorde a rien et fera s'ecouler les eaux…sur la place publique, je suppose…

Voila ou nous en sommes des travaux.  Cela fait trois jours que je n'ai pas pu ouvrir la porte-fenetre de ma chambre ni les tentures, car pour acceder au toit, les ouvriers ont place une echelle sur mon seuil et ont vue sur ma chambre.  Bah, ce n'est pas que ca me derange, mais comme je suis une femme blanche, ils sont tres curieux de savoir comment je vis, comment je dors, ce que j'ai chez moi et, si la chance pouvait etre de leur cote, comment je suis faite sous mes vetements.  Je suis donc obligee de rester dans la semi-obscurite en permanence, mais cela devrait s'arreter bientot, ils n'ont plus de raison d'aller se balader sur le toit, il est termine. 


Dimanche dernier, j'ai passe l'apres-midi et la soiree avec Trong.  C'etait son dernier jour a Nha Trang et bien que j'etais completement KO des suites de notre excursion dans les iles de la veille, j'ai accepte de l'accompagner pour une visite des environs.  Nous sommes donc alles jusqu'a la falaise a une quinzaine de kilometres de la ville pour voir le paysage et deguster quelques mets vietnamiens dans un restaurant au bord de la mer.

Le debut d'apres-midi a ete ensoleille et chaud, mais apres, le temps s'est gate.  De gros nuages sont arrives par les montagnes et la pluie a commence a tomber.  Nous nous sommes installes a une table sous toit, mais avec une vue splendide sur la mer, les montagnes bordant la baie et les iles.  Trong a choisi quelques mets que nous avons partages en bavardant.  Il faut dire qu'il est un excellent cuisinier et qu'il est de ce fait tres critique.  Il a commence par une soupe aux crevettes; celle-ci etait epaissie au crabe (ou plutot au surimi).  Cela commencait mal.  Ensuite, des nems aux legumes et a la viande.  Ceux-ci ont eu droit a une appreciation tres honorable, c'est-a-dire que pour moi, ils etaient delicieux et pour lui, ils etaient bons.  Ah ces cuistots, quelle plaie quand ils vont manger ailleurs que dans leur propre cuisine !

Le troisieme plat etait une salade composee de legumes, de lamelles de porc et d'une autre viande que je n'ai pas su reconnaitre et dont le nom vietnamien m'etait totalement inconnu.  Une petite vinaigrette la relevait et j'ai trouve cela excellent.  Trong, pour sa part, a deplore le fait qu'il y avait certains ingredients qui n'auraient pas du s'y trouver et lui a attribue une mention "satisfaisant".

La pluie, entretemps, s'etait remis a tomber et le soir avait decide d'en faire autant.  Il etait dix-huit heures quinze et les chances d'une eclaircie se faisaient de plus en plus minces.  Le bus de Trong etant programme a vingt-heures, il a bien fallu nous decider a rentrer.  Trong a charge un des serveurs d'aller nous acheter deux capes protectrices, ce sont des especes de manteaux de plastique fin que l'on enfile par la tete et qui arrivent a  mi-mollet.  Elles ont un capuchon que l'on met sur la tete avant d'enfiler son casque.  Elles ne tiennent en general qu'un voyage, avec un peu de chance une journee, mais se dechirent tres tres vite.  Lorsqu'on enfile ces capes, on ressemble a un pingouin, ce qui est tres amusant pour ceux qui assistent au spectacle, mais un peu moins pour celui qui est dedans.

La route etait detrempee et nous avions quinze kilometres a faire sous la pluie.  J'avais omis de relever mon pantalon et la cape, vu ma position sur le motobyke ne protegeait pas suffisamment mes jambes.  Trong, lui, etait assailli au visage par les cordes qui tombaient du ciel.  Plus nous avancions, plus la route etait trempee, parfois garnie de grandes flaques d'eau dans lesquelles il fallait bien passer en s'eclaboussant les jambes et les pieds.  Les tongues etaient deja trempees, le bas de mon pantalon gouttait et, par osmose, faisait remonter l'eau jusqu'a mes cuisses.  Arrives en ville, nous avions prevu d'aller partager une pizza dans un restaurant ou Raf et moi allons souvent, mais il nous fallait d'abord repasser a l'agence de location pour rendre le motobyke car l'heure etait depassee depuis longtemps.

L'agence se trouve sur Hung Vuong, une des rues principales de Nha Trang.  Le debut de la rue etait encore praticable, les seconde et troisieme parties ne laissaient plus apparaitre que le centre de la chaussee, les bords etant deja inondes.  Nous avons donc pu arriver jusqu'a l'agence et deposer le motobyke sur le trottoir sureleve.  Nous avons tordu nos vetements comme nous le pouvions et nous sommes installes pour un petit moment en attendant que la pluie diminue.  Celle-ci, au contraire, n'etait vraiment pas decidee a se calmer et des trombes d'eau incroyables tombaient du ciel.  En une demi-heure, la rue a ete completement inondee et il ne restait que deux ou trois centimetres pour que l'eau penetre dans l'agence.  Nous avons passe notre temps a regarder les intrepides qui tentaient malgre tout de rouler dans cette riviere improvisee et, comme prevu, calaient leur moteur au bout de quelques dizaines de metres.  Ils etaient donc obliges de descendre du motobyke et de le pousser jusqu'a un promontoire.  Certains pietons s'aventuraient pieds nus et avancaient coute que coute.  Des touristes pour la plupart qui voulaient probablement avoir l'occasion de raconter leurs exploits a leurs copains lorsqu'ils seraient de retour au pays. 

Une heure plus tard, la pluie a enfin diminue et l'eau est redescendue.  Rafael est arrive avec Philippe, ils avaient fait le meme chemin que nous, mais sous une pluie bien plus forte.  Ils etaient completement trempes, car ils n'avaient pas de vetements de pluie.  Il etait trop tard pour la pizza, le bus devait arriver une demi-heure plus tard, ou plutot devrais-je dire "en retard" et il etait deja vingt heures passees.  La route etant a nouveau praticable avec un peu de prudence et de courage, nous avons dit au revoir a Trong et sommes rentres a la maison en esperant que le village ne serait pas sous eau. 

Mais… je bavarde, je bavarde… voici presque vingt heures arrivees…

A bientot pour de nouvelles aventures,

Portez-vous bien, on vous embrasse,

Pat, Raf et Qua

Au fil des jours…

Deja fin avril, le temps passe a une vitesse incroyable. J’ai tant de choses a raconter et pourtant, une fois devant ma page blanche, rien ne vient. Serait-ce le signe que je m’habitue si bien a la vie d’ici qu’elle ne me semble plus si “curieuse” ?

Dans le clos ou nous habitons, depuis le premier jour, il y a des travaux. Et ca fait un de ces boucans, vous n’imaginez pas !!!

Le voisin d’en face a change la disposition de sa maison (un seul etage de plein pied) et de ce fait agrandi les pieces. Trois jours ont suffi pour demolir les murs existants et en reconstruire d’autres. Nous avions sa facade face a nous, maintenant, nous avons droit a son derriere. J’espere quand meme que ce n’est pas notre arrivee qui a determine son choix.

Chose curieuse, enfin de moins en moins pour nous qui nous y habituons, c’est une femme qui s’est chargee de la demolition et de la reconstruction. Bon, les hommes ont un peu aide, mais si peu. La pauvre, il fallait la voir la masse a la main, puis la truelle et le mortier. Les hommes regardaient, parfois ils etaient trois, quatre a bavarder la cigarette a la main pendant que la femme se tapait tout le boulot. Je ne comprenais pas ce qu’ils disaient, mais j’espere pour elle qu’ils ne se permettaient pas, en plus, de critiquer son travail.

Une fois les murs montes, passage a la peinture. La, c’est le proprio qui l’a fait… J’ai bien ri ! La peinture a ete versee dans une jarre et il a peint son mur avec une espece de balai en cocotier. Trois couches, si je me souviens bien et c’est… bof ! Enfin, ca fait plus clair que si le plafonnage (qu’il a fait lui meme aussi d’ailleurs) etait reste tel quel. Les gravats, inutile de vous preciser qu’ils n’ont pas ete ramasses, mais etendus sur le chemin d’acces au clos. Vu le nombre de motobykes qui passent, ca s’est un peu tasse au milieu et c’est relativement carrossable, mais les deux extremites glissent et Raf s’est pris une gamelle il y a peu. Inutile aussi de lui demander de nettoyer ses crasses, il nous regarderait comme si nous debarquions d’une autre galaxie. Il faudra faire avec…

L’autre voisin, juste a cote, avait une maison en planches et un toit en tole ondulee. Une journee a suffi pour qu’il n’ait plus qu’un terrain. Tout a ete demoli avec minutie et grand fracas, les planches recuperables sont entassees sur la place publique, le toit est la aussi. Cela fait maintenant dix jours qu’un tracteur apporte de temps a autre un chargement de grosse pierres, que le voisin entasse tout autour de ce qui devrait devenir sa maison. Je ne sais pas encore comment il va s’y prendre, je suis impatiente de voir cela.

Entretemps, il a construit les chassis de fenetres et de portes. Une semaine de boucan supplementaire : zzzziiiiii la meuleuse, pan-pan-pan le marteau, zzzzzzzzoooooooooiiiiiiiiiinnnnnnnnn la ponceuse, blang-badaboum les pierres qu’on decharge… Il est des jours ou je fiche le camp toute la journee pour avoir la paix.

Mis a part cela, on peut dire que cet homme est un veritable artisan. Tout est fait main, le bois est taille de maniere a ce que les tenons entrent parfaitement dans les mortaises, les charnieres seront imbriquees dans le montant, etc… Un vrai travail de pro qu’on ne voit plus chez nous. Inutile de vous dire que tout ce materiel est aussi entasse sur la place. Ajoutez a cela une bonne vingtaine de sacs de ciments qui sont venus leur tenir compagnie depuis deux jours. Bref, plus de place pour personne, une plethore de motobykes qui ne savent plus ou se garer, un bruit pas possible…

“Et par-dessus tout caaaaa“, comme aurait dit Gilbert Becaud, “on vous donne en etrenne…” : le karaoke !!! En effet, samedi et dimanche apres-midi, le voisin (de l’autre cote) recoit ses amis et leur fait profiter de son nouveau karaoke. Mildiou !!! Si encore ils savaient chanter les bougres… Mais non, que dalle, ca crie, ca fait du bruit, ca etrille mes pauvres oreilles de chanteuse… J’ai beau ne pas connaitre les chansons vietnamiennes, je reconnais tout de suite les fausses notes, et ca fait mal, je vous le jure.

Le plus penible, mais marrant malgre tout, c’est le pere. Il a une voix de crecelle, on dirait la vendeuse de poissons de la Batte du dimanche matin a Liege. Il s’essaye toujours a des chansons qui sont beaucoup trop hautes pour sa tessiture et cela doit lui arracher les cordes vocales en meme temps que mes tympans. Le fils, ca peut aller, il chante faux mais avec une voix grave, ce qui est supportable. Le copain, par contre, ne chante pas souvent, mais il est le seul a chanter juste et a choisir de bons morceaux. Je prefere quand c’est lui qui prend le micro, au moins je peux me reposer un peu.

Aujourd’hui, a 06.30 h du matin, bruit supplementaire… les tambours !!! Il y a une fete au village et elle commence par la procession vers la pagode (a 20 metres de chez moi). Tout le monde est habille en costumes traditionnels chinois (eh oui, c’est une fete chinoise apparemment), il y a un dragon et un serpent, le tambour traditionnel qu’un jeune martyrise a plaisir, les clochettes etc. C’est joli, j’admets, mais qu’est-ce que c’est bruyant !!!

La suite au prochain numero, mon estomac commence a faire du bruit, lui aussi !

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